03/17/2026

Fin du PASS/LAS : ce que la réforme des études de santé 2026 va vraiment changer

dossier parcoursup
Depuis plusieurs mois, une question agite lycéens, familles et professionnels de santé : le PASS et la LAS vont-ils disparaître ? La réponse est oui — du moins dans leur forme actuelle. Le Sénat a adopté en octobre 2025 une proposition de loi portée par la sénatrice Corinne Imbert, prévoyant de rétablir une voie unique d'accès aux filières santé sous la forme d'une licence comportant, dès la première année, une majorité d'enseignements en santé. Une réforme majeure, dont les contours restent encore à préciser, mais dont les conséquences pour les futurs étudiants en médecine sont déjà lisibles. Diploma Santé décrypte tout ce que vous devez savoir.

Réforme des études de santé : pourquoi le système PASS/LAS est-il remis en question ?

Mis en place en 2020 en remplacement de la PACES, le système PASS/LAS avait des ambitions louables : diversifier les profils des étudiants en santé, réduire le stress du concours unique et ouvrir l’accès à des parcours plus variés. En pratique, le bilan est mitigé.

Si la réforme de 2020 a permis de réduire les redoublements et d’apporter une diversification des profils, et si le nombre de places en médecine a augmenté de 25 % par rapport à avant 2017, la complexité actuelle du dispositif PASS/LAS constitue un obstacle pour les étudiants et nécessite un ajustement afin de garantir équité et cohérence sur l’ensemble du territoire.

Les critiques sont aujourd’hui convergentes, qu’elles viennent des doyens de facultés, des représentants étudiants ou des parlementaires :

  • Une lisibilité catastrophique pour les lycéens Chaque université a appliqué la réforme à sa manière, avec des règles de passage, des coefficients et des contenus qui varient fortement d’un établissement à l’autre. Résultat : ni les lycéens ni leurs familles ne comprennent vraiment les règles du jeu.
  • Une inégalité selon les territoires 25 départements français ne disposent d’aucune première année d’accès aux études de santé. Les étudiants issus de zones rurales ou éloignées doivent migrer vers les métropoles, avec des coûts et une pression logistique souvent dissuasifs.
  • Un système jugé trop complexe par ses propres acteurs Lors de la réunion de la Conférence des doyens d’octobre 2025, la présidente Isabelle Laffont a confirmé : “Le système actuel est trop complexe. Il faut aller vers plus de clarté.”

Ce que prévoit la réforme : la voie unique

Parmi les dispositifs proposés figure la refonte du système PASS/LAS en une voie unique d’accès aux filières santé, avec une première année de licence comportant majoritairement des enseignements en santé. La proposition de loi introduit aussi, à titre expérimental, l’admission directe d’étudiants en première cycle de pharmacie via Parcoursup pour répondre au phénomène de places vacantes dans la filière.

Concrètement, voici les grandes lignes de ce nouveau modèle :

  • Un tronc commun santé unifié Fini le double système PASS/LAS avec ses règles variables selon les universités. La première année deviendrait une licence à dominante santé, avec des enseignements scientifiques solides et une orientation progressive vers les filières MMOPK en fin d’année.
  • Le retour possible du redoublement C’est l’une des mesures les plus attendues. La proposition de loi prévoit de revenir sur la possibilité de redoubler la première année, ce qui redonne une seconde chance aux étudiants sérieux qui échouent de peu.
  • Une logique territoriale renforcée La loi Neuder, définitivement adoptée par le Parlement en juin 2025, prévoit que les quotas d’admission en médecine soient désormais fixés selon les besoins de santé des territoires, avec l’objectif de former localement pour soigner localement.
  • Un accès direct à certaines filières via Parcoursup La pharmacie et la maïeutique pourraient bénéficier d’une voie d’admission directe post-bac, pour remédier au phénomène de places vacantes dans ces filières.

Quel calendrier pour cette réforme ?

C’est la grande question que tout le monde se pose. La réponse honnête : rien n’est encore gravé dans le marbre.

Les filières PASS et LAS restent pleinement en vigueur pour la rentrée 2025. Les propositions de réforme sont en cours de discussion, sans calendrier définitif ni texte arrêté. La rentrée 2026 est évoquée comme échéance possible, mais cette date reste conditionnée à l’adoption de textes réglementaires, à la consultation des universités et à la mise en place de dispositifs de transition.

Les doyens insistent sur le besoin de “laisser respirer” le système, après plusieurs réformes successives qui ont profondément transformé la formation médicale depuis 2020. L’objectif affiché est désormais plutôt une mise en œuvre à la rentrée 2027, avec des expérimentations possibles dès 2026.

Ce qu’il faut retenir :

  • Rentrée 2025 : PASS et LAS inchangés
  • Rentrée 2026 : possibles expérimentations dans certaines universités
  • Rentrée 2027 : horizon le plus probable pour une réforme généralisée

Ce que ça change concrètement pour les futurs étudiants

Si vous entrez en PASS ou LAS à la rentrée 2025
Vous n’êtes pas concerné par la réforme. Le système actuel s’applique intégralement. Concentrez-vous sur votre préparation sans vous disperser sur des changements qui ne vous toucheront pas.

Si vous êtes en Terminale en 2025-2026
Vous serez potentiellement parmi les premières promotions concernées par le nouveau dispositif. L’essentiel à retenir : toutes les pistes évoquées partagent un point commun — la sélection à l’entrée des études de santé restera une réalité. Le niveau scientifique exigé ne baissera pas. Seules les modalités changeront.

Dans tous les cas : la préparation reste la clé
Quelle que soit la forme finale de la réforme, les fondamentaux ne changent pas. SVT, physique-chimie, mathématiques, méthodologie de travail, gestion du stress, entraînement aux concours : ce sont ces piliers qui feront la différence, dans n’importe quel système.

La fin du numerus apertus : une autre réforme en parallèle

En marge du débat sur le PASS/LAS, une autre évolution majeure est déjà actée. La fin du numerus apertus est intervenue le 17 juin 2025, avec le dépôt d’un amendement gouvernemental. Concrètement, cela signifie qu’il n’y aura plus de quotas fixés par les universités ou les agences régionales de santé pour réguler les admissions en deuxième année. Chaque faculté pourra accueillir autant d’étudiants qu’elle est en mesure de former correctement.

Ce que ça change pour les étudiants : le niveau académique reste élevé et l’exigence pédagogique ne disparaît pas. Il sera sans doute plus facile d’entrer en 2e année pour les candidats sérieux, bien formés et stratégiques. Le profil du dossier scolaire, la performance au concours et la régularité des résultats deviendront encore plus cruciaux. 

Ce que Diploma Santé en pense

Diploma Santé suit ces réformes depuis leur conception. Notre analyse est claire : les réformes changent les règles, jamais l’exigence.

De la PACES au PASS/LAS, chaque transition a démontré une constante : les étudiants les mieux préparés s’adaptent plus vite, réussissent mieux et souffrent moins des changements de système. Ce n’est pas la mécanique du concours qui fait la différence — c’est le niveau scientifique, la méthode et la régularité du travail.

C’est exactement ce que nous construisons avec nos étudiants, dès la Première et la Terminale : des bases solides, une méthode éprouvée, une connaissance fine des exigences de chaque faculté. Des atouts qui traversent les réformes sans en être fragilisés.

Quelle que soit la forme que prendra la première année de santé demain, un étudiant bien préparé aujourd’hui aura toujours une longueur d’avance.

FAQ — Réforme des études de santé 2026

Le PASS va-t-il disparaître à la rentrée 2026 ?

$
K

Pas de manière certaine. La réforme est en cours de discussion mais aucun texte définitif n’est encore publié. Le PASS reste en vigueur pour la rentrée 2025. La rentrée 2027 est l’échéance la plus probable pour une réforme généralisée.

Qu'est-ce que la voie unique prévue par la réforme ?

$
K

Il s’agirait d’une licence de première année à dominante santé, remplaçant le double système PASS/LAS. Elle comporterait majoritairement des enseignements scientifiques en santé, avec une orientation progressive vers les filières MMOPK en fin d’année.

Le redoublement en première année de santé va-t-il redevenir possible ?

$
K

C’est l’une des mesures phares discutées. La proposition de loi adoptée par le Sénat prévoit de revenir sur l’interdiction de redoubler. Mais cette disposition doit encore être confirmée dans les textes d’application.

La réforme va-t-elle rendre l'accès aux études de santé plus facile ?

$
K

Non. La sélection reste une réalité. L’objectif est de la rendre plus lisible et plus équitable — pas de la supprimer. Le niveau scientifique attendu restera élevé.

Faut-il changer sa stratégie de préparation à cause de la réforme ?

$
K

Non. Les fondamentaux — maîtrise des sciences, méthode de travail, entraînement aux concours — restent les mêmes quel que soit le système. La meilleure stratégie est de se préparer sérieusement dès maintenant, sans attendre que les règles définitives soient fixées.

Qu'est-ce que la loi Neuder ?

$
K

Adoptée en juin 2025, la loi Neuder prévoit que les quotas d’admission en médecine soient fixés selon les besoins de santé des territoires. Son objectif : former plus de médecins là où ils manquent le plus, pour réduire les déserts médicaux.

Diploma Santé va-t-elle adapter ses formations à la réforme ?

$
K

Oui, comme elle l’a toujours fait à chaque réforme depuis sa création. Les contenus, supports et méthodes sont mis à jour en temps réel selon les évolutions du système. C’est précisément ce suivi constant des réformes qui fait partie de l’expertise de Diploma Santé.

Lire aussi

Lire aussi