Fin du PASS-LAS : retour à une voie unique
Le PASS et la LAS, tels que vous les connaissez aujourd’hui, disparaîtront à la rentrée 2027. Le bilan du système est sévère. Selon une étude de la FAGE publiée en 2024, la qualité d’enseignement était nettement inférieure en LAS : l’enseignement de la mineure santé se faisait exclusivement en distanciel dans 41 % des établissements, les étudiants bénéficiaient de trois fois moins de travaux dirigés qu’en PASS, et la filière comptait deux fois moins de séances en groupes restreints. Un rapport de la Cour des comptes de décembre 2025 pointait un système « difficilement lisible » pour les étudiants, les familles, les enseignants et les administratifs, avec des résultats contrastés : une augmentation des admis en médecine et odontologie, mais une diminution en pharmacie et maïeutique. Certaines universités avaient par ailleurs proposé des LAS en arts du cirque ou en histoire de l’art, illustrant les dérives d’un système laissé sans cadre national strict.
Ils seront remplacés par une licence « orientée santé » harmonisée au niveau national — dont le nom officiel n’a pas encore été arrêté. L’objectif affiché est de mettre fin à un système perçu comme trop éclaté, avec des règles différentes selon les établissements et des parcours souvent difficiles à anticiper. « Le dispositif PASS/LAS a apporté des avancées réelles, mais il a aussi engendré une complexité devenue insupportable pour les étudiants et leurs familles », reconnaît Philippe Baptiste. Stéphanie Rist, de son côté, insiste sur la nécessité de « clarté, d’équité et d’accompagnement ». Rien qu’en Île-de-France, un candidat avait le choix parmi plus de 100 parcours de PASS et de LAS, avec parfois des licences très éloignées de la santé, qualifiées de « baroques » ou « ésotériques » par les deux ministres.
Cette nouvelle première année sera organisée autour de trois blocs complémentaires, représentant chacun un volume défini en crédits ECTS.
- Le premier, le bloc santé (entre 24 et 30 ECTS), regroupe les connaissances scientifiques fondamentales communes aux cinq filières, avec un programme allégé et recentré sur l’essentiel.
- Le deuxième, le bloc disciplinaire (entre 24 et 30 ECTS), correspond aux enseignements d’une licence contributive aux études de santé — biologie, droit, sciences humaines, soins infirmiers.
- Le troisième, un bloc transversal (entre 6 et 12 ECTS), porte sur les compétences psychosociales, la communication et l’éthique dans le domaine de la santé.
La liste exacte des licences acceptées n’est pas encore connue, mais elle devrait être plus restreinte qu’aujourd’hui. Sur Parcoursup, les candidats formuleront un vœu principal pour cette nouvelle première année, accompagné d’un sous-vœu disciplinaire selon la discipline choisie pour le bloc deux. Le gouvernement promet ainsi la fin des disparités locales.
Les nouvelles modalités de sélection
L’accès aux filières MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie, kinésithérapie — la kinésithérapie étant désormais pleinement intégrée au dispositif) reposera sur la validation obligatoire des trois blocs, avec une moyenne minimale de 10/20 dans chacun d’eux. Le classement sera fondé sur l’ensemble du parcours académique : les notes des enseignements santé et des enseignements disciplinaires seront toutes prises en compte. Les universités conserveront une marge d’adaptation, notamment avec des épreuves orales.
Les épreuves orales, introduites en 2020, sont abandonnées dans le nouveau dispositif. Le ministre de l’Enseignement supérieur les a jugées « difficiles à mettre en place » dans les universités. La FAGE le déplore : « Nous pensons qu’ils permettaient réellement d’apporter de la diversité dans le recrutement des futurs professionnels de santé », affirme Louise Lenglin, vice-présidente générale du syndicat.
Chaque étudiant disposera de deux chances pour candidater aux filières de santé : en fin de première année, puis en fin de deuxième année de licence. Selon plusieurs sources, 80 % des places seront attribuées à l’issue de la première année. Autre nouveauté importante : le retour de la possibilité de redoubler, dans la limite d’une fois. Attention toutefois à une subtilité : redoubler la première année ne donne pas une nouvelle chance de candidater aux filières de santé. L’étudiant ayant redoublé devra passer en deuxième année pour tenter à nouveau d’être sélectionné.
De nouvelles passerelles
Afin de préserver l’objectif de diversification des profils introduit en 2020, la réforme prévoit un élargissement des voies d’accès alternatives. Une nouvelle passerelle sera créée pour les étudiants titulaires d’une licence complète, en plus des passerelles déjà existantes pour les titulaires d’un master. Les passerelles destinées aux professionnels paramédicaux ayant validé trois années de cursus seront également renforcées.
Par ailleurs, une expérimentation est prévue spécifiquement pour les études de pharmacie : des places seront réservées dans un cadre optionnel, limité et expérimental pour les étudiants souhaitant s’orienter exclusivement vers cette filière, afin de répondre au phénomène de places vacantes dans cette filière.
Un calendrier qui fait débat
La date de septembre 2027 n’est pas du goût de tout le monde. La conférence des doyens plaidait pour un report en 2028, estimant que le délai était trop court pour une mise en œuvre sereine. Sa présidente, Isabelle Laffont, a été particulièrement directe : « Nous sommes extrêmement inquiets sur une réforme non réaliste pour 2027, non soutenable si aucun moyen n’est alloué, et à très haut risque de désorganisation pédagogique si la mise en place se faisait de façon précipitée. » Elle réclame le report d’un an, une diminution du nombre d’étudiants admis via Parcoursup, et la création de postes d’enseignants-chercheurs supplémentaires dans les facultés de santé. Elle s’oppose également au retour du redoublement, estimant qu’il « va à l’encontre de la marche en avant » et augmentera mécaniquement le nombre d’étudiants en première année.
La question des moyens est au cœur de toutes les inquiétudes. Certains établissements comptent jusqu’à 1 800 étudiants en PASS. Comme le souligne Edouard Kaminski, président de l’université Paris-Cité : « Un étudiant en PASS, c’est un étudiant en amphi avec une petite coloration disciplinaire. Dans la réforme à venir, il faudra le transformer en un étudiant qui sera à 50 % en sciences, donc avec des travaux dirigés, des travaux pratiques et des enseignants de sciences devant lui. » Là où l’université met aujourd’hui un professeur face à un amphi de 600 étudiants, il lui faudra demain prévoir dix salles de cours de 60 étudiants avec autant de professeurs. Le gouvernement promet « un accompagnement », sans préciser à quelle hauteur. Edouard Kaminski résume crûment la situation : « On connaît l’état financier du pays. La réforme passe donc forcément par la diminution de capacités d’accueil. »
France Universités partage ces préoccupations. Son président, Lamri Adoui, se réjouit de la réforme mais pointe un timing qu’il décrit comme un véritable défi : « Des moyens supplémentaires sont indispensables pour la mise en place de la réforme, d’autant plus dans un calendrier aussi serré. » Les ministres ont indiqué qu’un accompagnement financier sera assuré par l’État, mais sans évoquer de budget chiffré. « Cela se fera au cas par cas selon la situation de chaque établissement. »
L’Académie nationale de médecine avait également demandé un report à 2028, rejoignant ainsi les inquiétudes exprimées par le terrain.
Ce que ça signifie concrètement pour les lycéens actuels
- Vous êtes en Terminale en 2026-2027, vous serez parmi les derniers à candidater en PASS ou LAS via l’actuel système Parcoursup. Votre première année universitaire se déroulera encore dans le cadre existant.
- Vous êtes en Seconde ou Première, vous serez concernés par le nouveau dispositif. Vos vœux Parcoursup s’inscriront dans un système rénové, dont les modalités précises restent à définir.
Dans tous les cas, une chose ne changera pas : le niveau d’exigence académique restera élevé, la sélection sera maintenue, et la préparation en amont sera toujours un facteur décisif de réussite.
Notre analyse chez Diploma Santé
Cette annonce confirme ce que nous anticipions depuis plusieurs mois. La réforme PASS/LAS n’était pas parfaite — loin de là — et son remplacement par une voie plus lisible était attendu. Mais ce qui nous préoccupe davantage que le nom du dispositif, c’est ce qu’il cache : une sélection qui ne disparaît pas, des places toujours limitées, et une exigence académique qui ne faiblit pas.
Ce que nous retenons surtout, c’est que la transition 2026-2027 sera une période d’incertitude. Les universités elles-mêmes reconnaissent qu’elles ne seront pas toutes prêtes au même rythme. Une figure du secteur résume bien l’enjeu : « C’est un coup politique. Le retour du redoublement montre que c’est l’attente étudiante qui a d’abord été prise en compte. » À quelques mois d’une élection présidentielle, un étudiant formule le risque sobrement : « On sait que la première année de mise en œuvre d’une réforme n’est jamais une réussite. »
Dans ce contexte, s’appuyer sur un accompagnement solide, qui connaît les facultés, leurs attendus et leurs évolutions, n’a jamais été aussi important. Chez Diploma Santé, nous suivons ces évolutions en temps réel pour adapter nos préparations. Quelle que soit la forme que prendra l’accès aux études de santé en 2027, notre engagement reste le même : vous préparer à réussir, avec méthode, exigence et anticipation.
Les détails du nouveau dispositif seront précisés dans les prochaines semaines. Nous vous tiendrons informés dès que de nouvelles informations seront disponibles.
Sources : Egora (Alexis Vignais, 17 avril 2026) ; Les Echos (Marie-Christine Corbier, 18 avril 2026) ; L’Étudiant (Malika Butzbach, 17 avril 2026) ; Studyrama (Aziza Sellam, 17 avril 2026) ; What’s Up Doc (17 avril 2026).
Questions fréquentes
Le PASS et la LAS vont-ils vraiment disparaître ?
Oui, c’est officiel. À partir de la rentrée 2027, le PASS et la LAS seront remplacés par une nouvelle première année unique, qui s’apparente à une licence à dominante santé. Son nom officiel n’a pas encore été arrêté. Les étudiants qui entrent en PASS ou LAS en 2026 ne sont pas concernés par ce changement : ils termineront leur parcours dans le cadre actuel.
La réforme concerne-t-elle les étudiants qui entrent en PASS ou LAS en 2026 ?
Non. Les étudiants qui intègrent un PASS ou une LAS à la rentrée 2026 suivront leur parcours dans le cadre existant. La réforme s’appliquera aux bacheliers 2027, qui seront les premiers à candidater sur Parcoursup dans le nouveau système.
Pourquoi certains acteurs demandaient-ils un report à 2028 ?
La conférence des doyens de médecine, France Universités et l’Académie nationale de médecine ont toutes demandé un report à 2028. Leurs inquiétudes sont concrètes : certaines facultés accueillent jusqu’à 1 800 étudiants en PASS dans de grands amphithéâtres. La nouvelle organisation imposera des travaux dirigés et des travaux pratiques en groupes restreints, ce qui nécessite de nouveaux locaux, de nouveaux enseignants et une refonte complète des maquettes pédagogiques. Or le gouvernement n’a pas communiqué de budget chiffré pour accompagner cette transformation. La présidente de la conférence des doyens, Isabelle Laffont, juge le calendrier « intenable » et la réforme « non soutenable si aucun moyen n’est alloué ».
La sélection en études de santé va-t-elle disparaître avec cette réforme ?
Non. La sélection est maintenue et ses modalités sont même précisées. L’accès aux filières de santé (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie, kinésithérapie) reposera sur la validation obligatoire des trois blocs d’enseignement, avec une moyenne minimale de 10/20 dans chacun d’eux. Le classement sera fondé sur l’ensemble du parcours académique — notes du bloc santé et du bloc disciplinaire incluses. Selon plusieurs sources, 80 % des places seront attribuées dès la fin de la première année. Le nombre de places en filières de santé, lui, ne change pas.
Je suis en Première ou en Seconde : que dois-je faire maintenant ?
Vous serez concernés par le nouveau dispositif. Vos vœux Parcoursup s’inscriront dans un système rénové, dont les modalités précises — notamment la liste des licences disciplinaires acceptées — sont encore en cours de définition. Ce qui ne change pas : le niveau d’exigence restera élevé, et la préparation en amont sera toujours décisive. Commencer à construire des bases solides en sciences dès maintenant reste le meilleur investissement, quel que soit le nom du système en place en 2027.
La prépa santé reste-t-elle utile avec ce nouveau système ?
Plus que jamais. La réforme change la forme du parcours, pas son niveau d’exigence. La sélection reste réelle, les places en filières de santé ne sont pas plus nombreuses, et la transition 2026-2027 est précisément une période d’incertitude où les règles évoluent et où les universités ne seront pas toutes prêtes au même rythme. Dans ce contexte, être bien accompagné par des formateurs qui suivent ces évolutions en temps réel et connaissent les attendus des facultés fait toute la différence.
Quand aura-t-on plus de détails sur le nouveau système ?
Les deux ministres ont indiqué que le travail allait continuer dans les prochaines semaines. La liste des licences disciplinaires acceptées, les modalités exactes de pondération des notes, le nom officiel du nouveau dispositif et les capacités d’accueil par établissement restent à préciser. Les modalités devront être connues avant l’ouverture de Parcoursup pour la rentrée 2027, ce qui laisse peu de marge. Nous vous tiendrons informés dès que de nouvelles informations officielles seront disponibles.
Pourra-t-on redoubler ?
Oui, mais avec une nuance importante à bien comprendre. Le redoublement sera possible une fois en première année. Cependant, redoubler ne donne pas une nouvelle chance immédiate de candidater aux filières de santé. L’étudiant ayant redoublé sa première année devra d’abord passer en deuxième année pour tenter à nouveau d’être sélectionné. En résumé : chaque étudiant dispose bien de deux chances de candidater, mais elles s’exercent en fin de première année et en fin de deuxième année — pas deux fois en première année.
Que change la réforme pour les études de pharmacie ?
La pharmacie bénéficie d’un dispositif expérimental spécifique. Des places seront réservées dans un cadre optionnel, limité et expérimental pour les étudiants souhaitant s’orienter exclusivement vers cette filière, dès la première année via Parcoursup. Cette expérimentation vise à répondre au problème de places vacantes constaté ces dernières années en pharmacie. Les conditions de réussite resteront identiques pour tous les étudiants.
Y aura-t-il de nouvelles passerelles ?
Oui, et c’est l’une des véritables nouveautés de la réforme. Afin de préserver l’objectif de diversification des profils, une nouvelle voie d’accès sera créée pour les étudiants titulaires d’une licence complète (bac+3), en plus des passerelles déjà existantes pour les titulaires d’un master. Par ailleurs, les passerelles destinées aux professionnels du secteur paramédical ayant validé trois années de cursus seront renforcées. L’idée est de multiplier les points d’entrée possibles vers les études de santé, sans pour autant multiplier les dispositifs complexes.
Qui finance la réforme ?
C’est la grande question sans réponse pour l’instant. Le gouvernement a promis « un accompagnement financier » de l’État, mais sans évoquer de budget chiffré. Il a précisé que le soutien se ferait « au cas par cas selon la situation de chaque établissement ». Pour les présidents d’université et les doyens, c’est insuffisant : transformer des cours en amphithéâtre en enseignements en petits groupes nécessite de nouveaux locaux, de nouveaux enseignants et une refonte pédagogique complète. Sans moyens clairement fléchés, plusieurs acteurs anticipent une réduction des capacités d’accueil en première année comme seule variable d’ajustement possible.
Les oraux vont-ils disparaître avec la réforme ?
Oui. Contrairement à ce que certains acteurs espéraient, les épreuves orales introduites en 2020 sont abandonnées dans le nouveau dispositif. Le ministre Philippe Baptiste les a jugées « difficiles à mettre en place » dans les universités. La FAGE, qui y était attachée, le regrette ouvertement : pour le syndicat étudiant, ces oraux permettaient d’apporter de la diversité dans le recrutement des futurs professionnels de santé. C’est un point sur lequel le gouvernement et une partie des organisations étudiantes ne sont pas sur la même longueur d’onde.
