Quel sont les salaires des médecins spécialistes salariés (hôpital public et privé)
À l'hôpital public, le médecin spécialiste est praticien hospitalier. Sa rémunération de base suit une grille nationale, la même pour toutes les spécialités, fixée par l'arrêté du 8 juillet 2022 modifié (Légifrance). Elle compte 13 échelons :
- 4 634 € brut par mois au 1er échelon, en début de carrière ;
- 9 368 € brut par mois au 13e échelon, en fin de carrière.
L'avancement se fait à l'ancienneté. S'y ajoutent les gardes, les astreintes et des primes, dont l'indemnité d'engagement de service public exclusif pour les praticiens qui renoncent à toute activité libérale.
Ces montants sont les mêmes d'une spécialité à l'autre : à l'hôpital public, c'est l'échelon qui fait le salaire, pas le volume d'actes. Dans le privé salarié (cliniques, centres de santé), la rémunération dépend de l'employeur et de la convention applicable.
Les salaires des médecins spécialistes en libéral
En exercice libéral, on ne parle plus de salaire mais de revenu net d'activité. C'est ce qui reste au médecin une fois les charges professionnelles déduites (loyer du cabinet, matériel, secrétariat, cotisations sociales et retraite, assurances), avant impôt sur le revenu.
La CARMF, la caisse de retraite des médecins libéraux, publie chaque année ces revenus par spécialité. Pour 2024, sur 54 159 spécialistes libéraux :
- le revenu net moyen des spécialistes est de 160 361 € par an ;
- celui des médecins généralistes libéraux est de 97 099 € ;
- l'écart entre spécialités va de 81 252 € en endocrinologie à 405 887 € en cancérologie.
Le libéral offre donc un potentiel financier plus important que l'hôpital, mais avec davantage de risques, de charges et de responsabilités, et une forte dépendance au volume d'activité.
Des salaires des médecins variables selon les spécialités
Toutes les spécialités ne sont pas rémunérées de la même manière. Les écarts s'expliquent notamment par :
- le caractère technique ou interventionnel des actes,
- la possibilité de pratiquer des dépassements d’honoraires,
- le nombre d'actes réalisés.
Spécialités les mieux rémunérées en libéral (CARMF, revenus 2024, moyenne par an)
- Cancérologie : 405 887 €
- Médecine nucléaire : 241 751 €
- Anesthésie-réanimation : 215 912 €
- Ophtalmologie : 210 776 €
Suivent l'anatomie et cytologie pathologiques (203 895 €), la chirurgie (195 329 €) et la radiologie (194 605 €). Ces spécialités reposent sur un volume élevé d'actes techniques. Fiches détaillées : salaire anesthésiste-réanimateur, salaire ophtalmologue.
Spécialités à revenus plus modérés (CARMF, revenus 2024)
- Endocrinologie : 81 252 €
- Gynécologie médicale : 82 283 €
- Gériatrie : 83 814 €
- Pédiatrie : 90 202 €
- Psychiatrie : 94 524 €
- Rhumatologie : 96 075 €
Ces spécialités reposent surtout sur la consultation, dont le tarif reste bas.
Ces écarts ne reflètent ni la difficulté des études, ni l’utilité médicale de la spécialité, mais bien les logiques économiques du système de soins. Pour la durée des cursus : durée des études de santé.
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Combien gagne un chirurgien ?
La chirurgie fait partie des spécialités les mieux rémunérées, mais les écarts sont considérables selon le mode d'exercice. Un même acte n'est pas valorisé de la même façon à l'hôpital public et en cabinet libéral.
À l’hôpital public
Le chirurgien praticien hospitalier est rémunéré selon la grille nationale, identique pour toutes les spécialités (arrêté du 8 juillet 2022 modifié, Légifrance). Elle progresse par échelons tout au long de la carrière :
Début de carrière — 4 634 € brut par mois
Fin de grille — environ 9 368 € brut par mois
À cette base s'ajoutent les gardes, les astreintes et les primes, qui représentent un complément significatif pour une spécialité à forte permanence des soins.
En exercice libéral
Les revenus libéraux sont nettement plus élevés, mais aussi beaucoup plus variables. Selon la CARMF, le revenu net moyen d'un chirurgien libéral s'établit à 195 329 € par an (revenus 2024), sur 7 785 déclarants. Cette moyenne recouvre des situations très différentes selon la sous-spécialité, le secteur conventionnel et l'activité.
Un point essentiel à comprendre : le chiffre d'affaires n'est pas le revenu. Le montant de la CARMF s'entend après déduction des charges du cabinet ou de la redevance de clinique, du secrétariat, du matériel, de l'assurance en responsabilité civile professionnelle et des cotisations sociales.
Pendant les études
La rémunération commence vraiment à l'internat, après six années d'études. Les émoluments des internes sont fixés nationalement, quelle que soit la spécialité : 19 406 € brut par an en première année, 28 448 € en cinquième (arrêté du 8 juillet 2022 modifié, annexe X). S'y ajoutent les gardes et une indemnité de sujétions particulières. En phase de consolidation, le docteur junior relève d'un régime distinct, plus favorable.
Les écarts selon la spécialité chirurgicale
À l’hôpital public, la grille étant commune, la sous-spécialité n’a pas d’effet direct sur la rémunération. En libéral en revanche, les écarts sont importants : les disciplines à forte technicité et celles comportant une part d’actes non remboursés se situent nettement au-dessus de la moyenne, tandis que les spécialités à actes majoritairement conventionnés s’en rapprochent.
Combien d’années avant d’exercer ?
Devenir chirurgien demande 12 ans après le bac : une première année de sélection (PASS ou LAS), cinq années de formation médicale commune, puis six années d’internat en spécialité chirurgicale. C'est le parcours le plus long des études de médecine. Le détail est dans notre article comment devenir chirurgien.
Sources : arrêté du 8 juillet 2022 modifié (grille des praticiens hospitaliers et émoluments des internes) ; CARMF, revenus nets d'activité indépendante 2024.
Salaire d’un gynécologue obstétricien
Le gynécologue-obstétricien exerce à l'hôpital, en clinique ou en cabinet. À l'hôpital public, il relève de la grille des praticiens hospitaliers : de 4 634 à 9 368 € brut par mois selon l'ancienneté, hors gardes, fréquentes dans cette spécialité. En libéral, le revenu net moyen est de 128 973 € par an (CARMF, revenus 2024), sur 3 114 déclarants. La gynécologie-obstétrique est accessible via le PASS ou la LAS, puis l'internat. C'est l'une des spécialités les plus demandées aux EDN.
Salaire d’un anesthésiste-réanimateur
L'anesthésiste-réanimateur fait partie des spécialistes les mieux rémunérés en France. À l'hôpital public, il relève de la grille des praticiens hospitaliers, de 4 634 à 9 368 € brut par mois, à laquelle s'ajoutent des gardes et astreintes nombreuses. En libéral ou en clinique privée, le revenu net moyen atteint 215 912 € par an (CARMF, revenus 2024), sur 3 912 déclarants, ce qui en fait la troisième spécialité libérale la mieux rémunérée. L'anesthésie-réanimation est très demandée aux EDN et nécessite un internat de 5 ans après la validation du PASS ou de la LAS. Fiche dédiée : salaire anesthésiste-réanimateur.
Salaire d’un infectiologue
L'infectiologue est le spécialiste des maladies infectieuses et tropicales. Il exerce presque exclusivement à l'hôpital, comme praticien hospitalier : de 4 634 à 9 368 € brut par mois selon l'ancienneté. L'exercice libéral est marginal : la CARMF recense une douzaine de déclarants en 2024, trop peu pour une moyenne significative. La spécialité a gagné en visibilité depuis la crise sanitaire.
Salaire d’un médecin légiste
Le médecin légiste intervient dans le cadre judiciaire et médico-légal. Il exerce surtout à l'hôpital ou en institut médico-légal, sur la grille des praticiens hospitaliers : de 4 634 à 9 368 € brut par mois. Une activité libérale d'expertise existe : la CARMF recense 100 déclarants en médecine légale et expertises médicales en 2024, pour un revenu net moyen de 99 571 €. Depuis la réforme du troisième cycle de 2017, la médecine légale et expertises médicales est un diplôme d'études spécialisées à part entière, accessible aux EDN.
Salaire d’un neurologue
Le neurologue est spécialisé dans les maladies du système nerveux central et périphérique. À l'hôpital public, il relève de la grille des praticiens hospitaliers, de 4 634 à 9 368 € brut par mois. En libéral, le revenu net moyen est de 121 658 € par an (CARMF, revenus 2024), sur 999 déclarants : la spécialité repose davantage sur la consultation que sur les actes techniques. Voir neurologue : spécialité et études ; pour la médecine générale, faut-il encore viser médecine générale ? ; pour l'ophtalmologie, salaire ophtalmologue.
| Spécialité | Hôpital public (brut/mois, grille PH) | Libéral (net/an, CARMF 2024) |
|---|---|---|
| Anesthésiste-réanimateur | 4 634 – 9 368 € | 215 912 € |
| Ophtalmologue | 4 634 – 9 368 € | 210 776 € |
| Chirurgien (toutes spécialités) | 4 634 – 9 368 € | 195 329 € |
| Radiologue | 4 634 – 9 368 € | 194 605 € |
| Gynécologue-obstétricien | 4 634 – 9 368 € | 128 973 € |
| Neurologue | 4 634 – 9 368 € | 121 658 € |
| Médecin légiste | 4 634 – 9 368 € | 99 571 € |
| Médecin généraliste | 4 634 – 9 368 € | 97 099 € |
| Psychiatre | 4 634 – 9 368 € | 94 524 € |
| Infectiologue | 4 634 – 9 368 € | Effectif libéral trop faible |
Ce qui influence réellement les salaires des médecins
Le salaire d’un médecin spécialiste ne dépend jamais d’un seul facteur.
Le mode d’exercice
- Hôpital public : sécurité, stabilité, progression encadrée
- Libéral / clinique : revenus potentiellement élevés, mais charges importantes
L’ancienneté
- Un spécialiste confirmé gagne généralement beaucoup plus qu’un jeune installé, surtout en libéral.
La localisation géographique
Certaines zones sous-dotées offrent :
- une patientèle plus abondante,
- parfois des aides à l’installation,
- mais aussi des contraintes de charge de travail.
Le secteur conventionnel
- Les médecins exerçant en secteur 2 peuvent pratiquer des dépassements d’honoraires, ce qui augmente significativement leurs revenus.
Comparaison internationale (repères OCDE)
Les données internationales montrent que :
- les médecins spécialistes gagnent nettement plus que la moyenne des actifs,
- la France se situe dans une position intermédiaire par rapport à d’autres pays de l’OCDE,
- les écarts entre généralistes et spécialistes sont parfois plus marqués à l’étranger.
Cela confirme que la rémunération reste attractive, mais qu’elle s’accompagne d’un engagement long et exigeant.
Mis à jour le 22 juillet 2026.