Méthodes de travail

Le deep work : travailler en blocs concentrés

Le deep work désigne une séance de travail concentrée, sans interruption ni notification, sur une tâche exigeante. Ce n’est pas travailler plus longtemps : c’est protéger des blocs où la reprise après coupure ne mange pas la séance.

En PASS, deux à trois blocs par jour suffisent.

60 à 90 min
la durée d’un bloc. En dessous, la mise en route mange la séance ; au-delà, la qualité chute.
2 à 3 blocs
par jour suffisent à couvrir l’essentiel du travail exigeant.
15 à 20 min
de vraie pause entre deux blocs. Faire défiler un fil d’actualité ne restaure rien.

D’où vient la notion

Le terme est popularisé par Cal Newport en 2016. Il oppose le travail profond — cognitivement exigeant, sans distraction, qui crée de la valeur difficile à reproduire — au travail superficiel : les tâches logistiques qu’on peut mener en étant partiellement distrait.

Une précaution d’usage C’est un cadre conceptuel, pas un protocole validé expérimentalement. Ce qui est documenté, en revanche, c’est le coût de l’interruption qu’il cherche à éviter.

Le coût réel d’une interruption

Deux mécanismes distincts, souvent confondus — et un troisième résultat qui justifie la mesure la plus simple de cette page.

Le temps de retour à la tâche

Mark, Gonzalez et Harris (2005), en observant des travailleurs en conditions réelles, mesurent un délai moyen d’environ 23 minutes avant le retour à la tâche initiale. Ce chiffre circule beaucoup, souvent sans sa condition : il porte sur un environnement de bureau où l’interruption enclenche d’autres tâches. Il n’est pas transposable tel quel à une session de révision.

Le résidu attentionnel

Sophie Leroy (2009) montre qu’une partie de l’attention reste accrochée à la tâche précédente même après le retour, et que ce résidu dégrade la performance sur la nouvelle tâche. C’est le mécanisme le plus pertinent ici : consulter son téléphone trente secondes ne coûte pas trente secondes.

La simple présence du téléphone

Ward et al. (2017) observent que le téléphone posé sur la table, éteint et retourné, suffit à réduire les ressources cognitives disponibles par rapport à la même situation avec le téléphone dans une autre pièce.

Ce que coûte la fragmentation

À durée égale, deux résultats
Bloc continu 3 heures, aucune interruption
Attention disponible d’un bout à l’autre
3 h de travail effectif
Bloc fragmenté 3 heures, 4 interruptions
1 2 3 4
environ 2 h de travail effectif — le reste part en reprise
Travail effectif Phase de reprise : l’attention n’est pas encore revenue Interruption

Schéma de principe. La durée de la phase de reprise varie fortement selon la nature de l’interruption et la tâche en cours ; les proportions représentées sont illustratives.

Construire un bloc

Quatre conditions. Aucune n’est facultative.

Une durée fixe, décidée à l’avance

Entre 60 et 90 minutes. En dessous, la mise en route consomme une part trop importante du bloc. Au-delà, la qualité chute chez la plupart des étudiants sans entraînement préalable.

Un objectif précis

Pas « travailler la biochimie » mais « refaire les QCM du chapitre 4 et lister les erreurs ». Un objectif flou produit un bloc pendant lequel on cherche quoi faire.

Le téléphone dans une autre pièce

Pas retourné, pas en mode avion : ailleurs. C’est la mesure la moins coûteuse et la mieux documentée.

Une fin nette

Le bloc s’arrête à l’heure prévue, même si tu es lancé. C’est ce qui rend le suivant tenable.

Le rythme sur une journée

Deux à trois blocs par jour, séparés par de vraies pauses, suffisent à couvrir l’essentiel du travail exigeant. Le reste de la journée absorbe le travail superficiel : mise au propre, recopiage, organisation, courses, administratif.

À retenir

Cette répartition surprend les étudiants qui comptent en heures. Elle produit pourtant plus qu’une journée de dix heures fragmentées, parce que le travail superficiel n’a pas besoin d’être protégé — et qu’il occupe la majeure partie du temps qu’on croit consacrer à réviser.

Les pauses ne sont pas du temps perdu

Une pause qui restaure suppose de ne pas remplacer une tâche cognitive par une autre. Marcher, manger, ne rien faire, parler à quelqu’un restaurent. Faire défiler un fil d’actualité maintient le système en charge et ne restaure rien.

Compte 15 à 20 minutes entre deux blocs. La pause de midi peut être plus longue sans coût.

Ce qui n’est pas du deep work

  • Travailler avec de la musique à paroles. Le langage entre en concurrence avec le traitement du texte que tu lis. Les instrumentaux posent nettement moins de problème.
  • Réviser à plusieurs. Le travail en groupe a sa place — expliquer une notion à quelqu’un est un excellent test — mais ce n’est pas un bloc profond. Les deux ne se substituent pas.
  • Enchaîner les blocs sans pause. Trois blocs collés ne font pas quatre heures et demie de travail profond. Ils font un premier bloc correct et deux blocs dégradés.
  • Confondre concentration et immobilité. Rester six heures à un bureau en changeant d’onglet toutes les quatre minutes n’est pas du travail profond. C’est le format que le deep work cherche précisément à remplacer.

La technique Pomodoro : autre chose

Le Pomodoro — 25 minutes de travail, 5 de pause, décrit par Francesco Cirillo à la fin des années 1980 — répond à un problème différent : celui de la mise en route. Il est utile quand tu n’arrives pas à commencer.

Il est en revanche mal adapté à une tâche qui demande de tenir un raisonnement long : la coupure toutes les 25 minutes introduit exactement le résidu attentionnel qu’on cherche à éviter.

Pomodoro

Pour démarrer quand la mise en route bloque.

Bloc long

Pour tenir un raisonnement une fois lancé.


Les deux approches se combinent, mais elles ne visent pas la même chose.

En LAS, la contrainte est le morcellement

Entre les cours de la licence, les TD et une mineure santé souvent à distance, les créneaux longs sont rares et se déplacent d’une semaine à l’autre.

Ce qui fonctionne : identifier en début de semestre les deux ou trois créneaux réellement libres de la semaine et les traiter comme des cours obligatoires. Un bloc qu’on cale « quand on aura le temps » ne se produit pas.

PASS ou LAS : comment choisir ?

Des conditions qui rendent le format long praticable

Les campus Diploma Santé sont accessibles 7j/7 de 7h à minuit, avec des espaces silencieux et des box de révision. Un bloc de 90 minutes ne tient pas dans un amphi bruyant ni dans une chambre partagée.

Nos campus

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour tenir un bloc de 90 minutes ?

Quelques semaines si tu pars d’un travail très fragmenté. Commence à 45 minutes et allonge de 10 minutes tous les cinq ou six jours. Viser 90 minutes dès la première semaine produit surtout des blocs abandonnés au bout de vingt minutes.

Faut-il travailler à heure fixe ?

C’est l’ajustement le plus rentable. Un créneau constant supprime la décision quotidienne de s’y mettre, qui est le vrai point de friction. L’heure exacte importe moins que sa stabilité.

Que faire des pensées parasites pendant un bloc ?

Une feuille à côté, on note en trois mots, on continue. Traiter la pensée sur le moment coûte le bloc ; l’ignorer coûte de l’attention pendant vingt minutes.

Est-ce compatible avec les campus ouverts en soirée ?

Oui, à condition de choisir le créneau selon ton propre rythme et non selon l’amplitude d’ouverture. Travailler jusqu’à minuit n’a d’intérêt que si tes blocs de fin de journée valent tes blocs du matin — c’est vrai pour certains, faux pour beaucoup.

Est-ce que ça change avec la réforme 2027 ?

Non. La structure de l’année change, pas le fonctionnement de l’attention. Le bloc disciplinaire ajoutera en revanche un second cursus à intégrer dans la semaine, ce qui rapproche la contrainte de celle que connaissent aujourd’hui les étudiants en LAS.

Sources et mise à jour

Newport, C. (2016), Deep Work Mark, G., Gonzalez, V. M. & Harris, J. (2005), No task left behind? Examining the nature of fragmented work, CHI ’05 Leroy, S. (2009), Why is it so hard to do my work?, Organizational Behavior and Human Decision Processes, 109(2) Ward, A. F., Duke, K., Gneezy, A. & Bos, M. W. (2017), Brain drain, Journal of the Association for Consumer Research, 2(2) Cirillo, F., The Pomodoro Technique

État des informations au 8 septembre 2026.

Deux ou trois créneaux protégés

Un créneau tenu vaut mieux que dix heures fragmentées

Identifier ces créneaux et s’y tenir est l’un des points travaillés avec le coach individuel.

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