Les études de santé, avant la réforme de 2020, commençaient par la PACES (Première Année Commune aux Etudes de Santé), avec à l’issue de cette année un concours, et une sélection des étudiants grâce au Numérus Clausus. Le Numérus Clausus était fixé nationalement, afin de savoir combien d’étudiants seraient acceptés dans chacune des filières MMOPK à l’issue du concours. Ce Numérus Clausus national était ensuite redistribué entre les différentes universités de médecine de France (Paris, Lyon, Toulouse, Lille, Clermont Ferrand, Marseille...)

Classements, taux de réussites, notes, moyennes, tous ces chiffres peuvent être analysés via des statistiques, afin de mieux les comprendre.

Primants vs doublants :

Le taux de réussite en PACES se situait aux environs de 15-20% en fonction des facultés et des années. Les étudiants accédaient à la deuxième année d’étude de santé de leur choix soit du premier coup (primant) soit après un redoublement (doublant). Le taux de réussite était d’environ 12% pour les primants et 38% pour les doublants.

Le tutorat accroît-il les chances de réussite ?

Pour maximiser leurs chances de réussite au concours, les étudiants pouvaient bénéficier du tutorat proposés par les associations étudiantes des facultés et à des prépas privées.

Environ 80% des étudiants en première année de médecine sont inscrit au tutorat de leur université. L’ANEMF (Association Nationale des Etudiants en Médecine de France) et l’ANEPF (Association Nationale des Etudiants en Pharmacie de France) ont d’ailleurs depuis 2014 lancé des procédures d’agrément auprès des tutorats de chaque faculté, afin de les valoriser et les pousser à toujours plus d’amélioration et d'innovation. Le tutorat propose aux étudiants des cours adaptés à chaque semestre, des évaluations, et des conseils apportés par les étudiants d'années supérieures.

Concernant la « prépa médecine » :

C’est environ 75% des étudiants en PACES qui s’y inscrivent, afin d’avoir des formations complémentaires à celles de la faculté, et de maximiser leurs chances de réussite à l’issue du concours. Les prépas privées, sur le même modèle que le tutorat, offrent des compléments d'enseignement, proposent les cours imprimés (il n'y a pas de livres de cours en première année de médecine), soumettent les étudiants à des colles (évaluation sur chaque unité d'enseignement, avec classement), et offrent souvent des lieux de travail.

Certains étudiants font ce que l'on appelle une P0 : soit ils intègrent une prépa privée pendant leur année de terminale, qu'ils suivent en même temps que la préparation de leur bac, soit ils font cette P0 pendant l'année qui suit le bac, avant de s'inscrire à la faculté de médecine. Cette dernière option est souvent privilégiée par les lycéens n'ayant pas passé un bac scientifique, et souhaitant rééquilibrer leur niveau en sciences physiques et en biologie.

Chaque prépa propose un accompagnement poussé, qui rassure souvent les jeunes bacheliers.

études de médecine Paris

Voici les chiffres du Numérus Clausus en 2019/2020, dernière année d’existence de la PACES :

  • Médecine : 8832 places

  • Dentaire : 1231 places

  • Pharmacie : 3177 places

  • Maïeutique : 998 places

Cette année-là, près de 60 000 étudiants étaient inscrits en PACES à l’échelle nationale, ils sont donc 23% à être admis en deuxième année d’études de santé, contre 77% à devoir se réorienter.

Pourquoi réformer la PACES ?

C’est face à des taux d’admission aussi faible et à un manque cruel de médecins, notamment dans les zones les plus rurales, que la réforme des études de santé a vu le jour. En effet, la stratégie du Numérus Clausus et de la PACES n'a pas fait ses preuves en France, le ministère de la santé a proposé une nouvelle formule en supprimant la PACES. Celle-ci s'est donc vue remplacée en 2020 par la PASS (Parcours Accès Santé Spécifique) et la L.AS (Licence Accès Santé). Ces deux nouvelles filières présentent deux principaux objectifs. Le premier est d’augmenter les taux de réussite et d’inscription en deuxième année d’études médicales : médecine, maïeutique, pharmacie, odontologie, kinésithérapie. Le second objectif est de permettre aux étudiants échouant au concours de se réorienter facilement en deuxième année de licence. Ainsi, la création de la PASS devrait faire drastiquement changer les statistiques en rapport avec les études médicales dans les prochaines années. Concernant l'année 2020/2021, première année de mise en vigueur de la réforme des études de santé, les données chiffrées ne sont pas encore totalement disponibles. Il n'est pas encore possible de proposer des statistiques précises pour cette année, mais les taux de réussite au concours et d'accès aux filières MMOPK sont prévus à la hausse.