Qu’est-ce que le numerus apertus ? Définition
Le numerus apertus (latin : “nombre ouvert”) est le dispositif de régulation des admissions en deuxième année de médecine instauré en France en 2020, en remplacement du numerus clausus. Contrairement à son prédécesseur, il ne fixait plus un nombre maximal d’étudiants admis à l’échelle nationale, mais un seuil minimal d’admissions défini localement par chaque université, en lien avec les Agences Régionales de Santé (ARS).
En clair : chaque faculté de médecine pouvait admettre au moins X étudiants en 2e année — et potentiellement plus, selon ses capacités. Le plafond national avait disparu, mais une régulation locale demeurait.
Numerus clausus vs numerus apertus : quelle différence ?
Les deux systèmes visent à réguler le nombre d’étudiants admis en deuxième année de médecine, mais avec des logiques opposées.
- Le numerus clausus (avant 2020) fixait un quota national strict : chaque année, un nombre précis d’étudiants — identique pour toutes les universités — était autorisé à passer en 2e année. Ce chiffre était décidé par l’État, sans tenir compte des capacités locales ni des besoins réels en médecins sur le territoire.
- Le numerus apertus (2020-2025) a assoupli ce système : chaque faculté définissait son propre seuil minimal d’admission, en tenant compte de ses ressources pédagogiques et des besoins sanitaires régionaux. La sélection restait réelle, mais le cadre était plus flexible.
- La suppression du numerus apertus (2025) va plus loin : il n’y a plus de quota, ni national ni local. Chaque université admet autant d’étudiants qu’elle estime pouvoir former correctement.
Un changement de cap stratégique
La fin du numerus apertus est intervenu le 17 juin 2025, avec le dépôt d’un amendement gouvernemental. Concrètement, cela signifie qu’il n’y aura plus de quotas fixés par les universités ou les agences régionales de santé pour réguler les admissions en deuxième année. Chaque faculté pourra accueillir autant d’étudiants qu’elle est en mesure de former correctement.
Cette mesure marque une nouvelle étape dans la réforme des études de santé entamée en 2020 avec la fin du numerus clausus. À l’époque, l’État avait choisi de ne plus fixer un nombre fermé de places, préférant une logique d’ouverture encadrée. Le numerus apertus permettait alors aux universités, en lien avec les ARS, de fixer un nombre minimal de places accessibles en deuxième année, sur la base de leur capacité d’encadrement et des besoins en santé sur leur territoire.
Mais dans les faits, ce système a souvent manqué de lisibilité et de cohérence.
Pourquoi cette suppression maintenant ?
Plusieurs raisons expliquent cette décision politique :
- Des besoins de santé massifs : selon les projections, il manquerait chaque année plusieurs milliers de médecins pour couvrir les besoins réels du territoire français. Le numerus apertus, bien qu’ayant permis une hausse relative des effectifs (environ 12 000 admissions en 2024), n’a pas suffi à combler l’écart.
- Une fuite étudiante préoccupante : chaque année, plusieurs milliers de jeunes partent se former à l’étranger, notamment en Roumanie, en Espagne ou en Belgique. En 2023, on estimait à près de 4 000 le nombre d’étudiants français en études de médecine hors de France. La suppression du numerus apertus vise aussi à rapatrier ces étudiants, et à leur offrir une perspective de formation crédible sur le territoire national.
- Des tensions persistantes sur le terrain : les quotas du numerus apertus restaient définis localement, avec des disparités fortes entre régions. Résultat : certains territoires manquaient toujours de médecins, tandis que d’autres avaient du mal à absorber leurs promotions en stages.
Un système de régulation… sans plafonnement
Contrairement à ce que certains redoutaient, cette suppression ne signe pas un retour à l’anarchie. Le gouvernement a précisé que les universités devront continuer à justifier de leur capacité de formation (encadrement, terrains de stage, locaux, équipements…). L’enjeu est donc de passer d’un système de régulation par quota à une régulation par la qualité de l’offre pédagogique.
Cette logique est inspirée de certains pays européens (comme les Pays-Bas ou l’Allemagne) où les admissions se font selon le niveau des candidats, les capacités d’accueil et les débouchés réels – sans chiffres bloquants à l’échelle nationale.
Une opportunité pour les candidats… à condition d’être bien préparés
Pour les lycéens et étudiants de PASS ou LAS, cette réforme peut sembler être une excellente nouvelle. Moins de sélection par le chiffre, plus d’ouverture par la compétence. Mais attention : le niveau académique reste élevé, et l’exigence pédagogique ne disparaît pas.
Ce que cette réforme change réellement :
- Il sera sans doute plus facile d’entrer en 2e année pour les candidats sérieux, bien formés et stratégiques.
- Le profil du dossier scolaire, la performance au concours, et la régularité des résultats deviendront encore plus cruciaux.
- Les écarts entre universités pourraient se renforcer : certaines auront les moyens d’absorber une hausse d’effectif, d’autres non.
Autrement dit, la compétition ne disparaît pas – elle se déplace sur le terrain de la qualité, de la stratégie et du projet.
Une réforme qui touche aussi la psychiatrie
En parallèle de la suppression du numerus apertus, le ministère annonce un plan spécifique pour renforcer la formation en psychiatrie, filière en tension dans toute la France.
- Le nombre d’internes sera rehaussé à 600 en 2027 (contre 500 actuellement).
- Un stage obligatoire en psychiatrie sera intégré à toutes les filières médicales dès la première année.
- L’objectif est de mieux faire connaître ces métiers, souvent mal considérés, et de lutter contre la pénurie de psychiatres et pédopsychiatres.
Ce que ça change pour les prépas et les accompagnements privés
Pour les établissements comme Diploma Santé, qui accompagnent chaque année plusieurs centaines d’étudiants en PASS et en LAS, cette réforme appelle une adaptation rapide. Mais elle renforce aussi notre rôle :
- Parce qu’il faudra mieux comprendre chaque université, ses critères, ses attendus et ses capacités d’accueil ;
- Parce qu’il faudra aider chaque étudiant à construire un dossier solide, durable et crédible pour affronter une sélection qui restera exigeante, même si elle n’est plus chiffrée ;
- Et parce que l’enjeu n’est plus de « passer un cap », mais de tenir dans la durée – avec une orientation claire et un accompagnement individualisé.
Chez Diploma, on ne prépare pas seulement un concours. On aide chaque étudiant à devenir le futur soignant que notre système attend.
Combien d’étudiants sont admis en 2e année depuis la réforme ?
La progression a été régulière depuis 2020 :
- Sous numerus clausus (jusqu’en 2019) : environ 8 000 à 9 000 admis par an en médecine.
- Sous numerus apertus (2020-2024) : montée progressive jusqu’à environ 12 000 admissions en 2024.
- Après suppression (à partir de 2025-2026) : les projections tablent sur 15 000 à 17 000 admissions annuelles à terme, selon les capacités des facultés.
Cette hausse progressive répond aux projections qui estiment le déficit à plusieurs milliers de médecins par an dans les dix prochaines années.
Le niveau d’exigence va-t-il baisser ?
C’est la question que se posent beaucoup de lycéens et de parents. La réponse est non — et pour plusieurs raisons.
D’abord, supprimer les quotas ne supprime pas la sélection : les universités continuent d’évaluer les candidats sur leurs résultats académiques, leur dossier Parcoursup et leurs performances en cours d’année. Ce qui change, c’est que le nombre de places n’est plus artificiellement limité.
Ensuite, la qualité de la formation reste l’enjeu central. Les facultés qui admettront plus d’étudiants devront garantir un encadrement suffisant — stages, tuteurs, équipements. Celles qui ne le peuvent pas n’augmenteront pas leurs effectifs.
Enfin, l’internat reste sélectif. Quel que soit le nombre d’étudiants admis en 2e année, le nombre de postes d’internes aux ECNi est lui aussi encadré. La compétition se déplace mais ne disparaît pas.
Quelles facultés vont accueillir plus d’étudiants ?
Les grandes facultés de médecine des métropoles — Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux, Lille — ont généralement davantage de capacité d’encadrement. Elles seront probablement les premières à augmenter leurs effectifs.
En revanche, les facultés situées dans des zones sous-dotées en terrain de stage (hôpitaux, maîtres de stage) pourraient être plus limitées dans leur expansion.
C’est pourquoi le choix de l’université reste stratégique pour les candidats : il ne s’agit plus seulement de savoir si vous allez être admis, mais dans quelle faculté vous avez le plus de chances d’être bien formé et suivi.
Que change concrètement la fin du numerus apertus pour un candidat en PASS ou LAS ?
Pour un lycéen ou un étudiant qui prépare son entrée en médecine, voici ce qui change vraiment :
- Plus de places disponibles : à niveau équivalent, vos chances d’être admis en 2e année sont objectivement meilleures qu’elles ne l’étaient sous numerus clausus.
- La stratégie de choix d’université devient cruciale : certaines facultés admettre davantage que d’autres. Se renseigner sur les capacités et les taux d’admission par université est désormais indispensable.
- Le niveau requis reste élevé : la sélection ne disparaît pas, elle se fait par la qualité académique. Une préparation rigoureuse reste la clé.
- Le LAS gagne en intérêt : avec plus de places, le LAS (Licence avec Accès Santé) devient une voie encore plus intéressante pour les étudiants qui veulent sécuriser leur parcours tout en visant la médecine.
